Simone Veil l'immortelle, Hervé Duphot et Pascal Bresson, éditions Marabulles. 2018

Publié le par P.P

Simone Veil l'immortelle, Hervé Duphot et Pascal Bresson, éditions Marabulles. 2018
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Grand idée, petits desseins...                                
2018, Simone Veil entre au Panthéon, la Nation rendant hommage à cette femme d'exception qui servi magistralement la République en portant une loi déterminante pour la libération des femmes : le droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse. C'est à l'évidence dans un contexte commémoratif que se conçoit peut être un peu hâtivement ce cousin du roman graphique : le récit graphique.
L'original découpage du récit est sa toute première qualité. Mieux qu'une biographie linéaire, les auteurs ont préférés bousculer l'histoire et se focalisent sur deux épisodes clés du parcours : la défense de son projet de loi devant une Assemblée Nationale majoritairement machiste et inféodée au religieux puis, dans
un second temps et avec une esthétique graphique différente sa (sur)vie en camp de concentration, cette dernière évocation s'imposant alors en miroir à la précédente.
Sa ténacité émerge des tréfonds.
La recherche documentaire méticuleuse est le second aspect positif. A la Chambre les Minutes de l'assemblée sont ici graphiquement transcrites et mises en page, les dialogues âpres, les propos haineux et autres interpellations désastreuses aussi.
Simone Veil résiste aux pressions, outrepasse les lâchages, dont ceux venant de la présidence et fait montre d'un courage d'exception.
La tentative éditoriale de restitution du climat politique d'alors est évidente et... pathétique. Les propos politiciens sont par trop souvent d'une confondante platitude et même des figures politiques de premier plan comme celle de Claudius. Petit, député et Honnête homme, n'apparaissent qu'en demi-teinte et à plat, à l'instar d'un graphisme convenu presque naïf. Techniquement, on regrette également cette
technique au rabais consistant à plaquer les textes sans tenir le moindre compte de la mise en pages graphique. Confondant.
Décrire par le fond comme par la forme avec si peu d'envie une femme aussi pétrie d'énergie et de passion est paradoxal. Et puis et encore pour appréhender cette "fougue tranquille " il eut fallu prolonger le geste, évoquer sa lutte contre le négationnisme et comment, plus tard en tant que présidente de la Fondation du Mémorial de la Shoah elle bouscula les études d'alors focalisées vers l’unicité du drame pour un travail mémoriel assimilant les autres crimes de masse.
Ce récit graphique est incontournable : il permet de découvrir, voire de mieux approcher le parcours de cette femme évidemment mémorable et puis de donner à espérer l'édition d'un opus autrement abouti.        A suivre ...
Pierre B.

B.O. :  Winterreise, D. 911: I. Gute Nacht, cliquer ici

         

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