Li Kunwu, Pieds bandés, Kana (Dargaud) 2013

Publié le par P.P

 	Li Kunwu, Pieds bandés, Kana (Dargaud)  2013
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Li Kunwu, auteur et dessinateur,  raconte comment une jeune fille, Chun Xiou, est forcée de se bander les pieds suivant la tradition, et la torture que cela représente. A cheval entre deux époques avec l'arrivée de la révolution, elle va devoir supporter la pression d'une nouvelle société qui rejette toutes ses anciennes coutumes. Un récit qui s'étend du début jusqu'à la seconde moitié du 20e siècle, dans le Yunnan.

Cet album, magistralement maîtrisé sur le plan graphique, est intense, grave, pudique et juste. Le trait puissant à l'encre de Chine, souvent grossier et très dynamique,accentue la violence des moeurs du pays à la population dense et crasseuse de certains quartiers.Émotion  garantie. Li Kunwu fait aussi œuvre d’ethnologue en décrivant et expliquant très précisément les techniques employées pour obtenir des pieds capables d’entrer dans des chaussures brodées.

La Pratique des pieds bandés en deux mots:

Dès l'âge de 5 ans, parfois plus tôt, les petites filles se faisaient bander les pieds. La pointure jugée idéale pour atteindre le "lotus d'or" est fixée à seulement sept centimètres. Les "pieds d'argent" mesurent, eux, autour de 10 centimètres de long. Les orteils, à l'exception du plus gros, sont pliés contre la plante du pied, et la voûte plantaire, courbée, pour réduire sa longueur au maximum. Serrés dans une chaussure pointue, de plus en plus petite au fil des semaines.

Fractures, infections, nécroses, circulation sanguine coupée, les conséquences des pieds bandés sont multiples. Nombreuses sont celles qui en sont mortes. Et pour celles qui vivent encore avec, chaque pas est un pas de plus dans le passé et le souvenir de cette douloureuse tradition.  

radiographie....

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